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Philosophies de l'Antiquité, philosophies oubliées ou méprisées, elles ont pourtant beaucoup à nous apporter. Voila le titre du blog dont je vous avais parlé. Je me concentre donc sur cette nouvelle page, mais celle-ci restera pourtant ouverte, il n'est pas exclu qu'elle reprenne vie. Encore une chose, l'adresse de ce nouveau site bien sur! Merci à tous ceux qui m'ont lu jusqu'à présent, et à bientôt je l'espère pour se plonger avec wAouch dans les philosophies de la Grèce Antique. Eh bien ca alors, je viens de m'apercevoir que tous mes commentaires ont mystérieusement disparus...hum... c'est louche... :) Nous sommes entrés dans une ère plus subtile de consommation. Une ère où le consommateur se veut attentif aux problèmes environnementaux, sociaux... Les labels se multiplient, garantissant la "naturalité" du produit, son éthique... le consommateur est inquiet. Alors on le rassure. Il se doute bien que sa facon de consommer a été désastreuse et qu'il a hautement contribué a la situation actuelle pour le moins préoccupante a tous points de vue. Les marques l'ont compris. Elles jouent sur ce terrain. La consommation irréfléchie est néfaste, une frange de la population en prend conscience, alors inventons un nouveau modèle de consommation, qui fera taire les peurs. La décroissance soutenable n'est plus qu'utopie et inutile lorsque la consommation même devient la solution! Achetez tel ou tel produit, on reversera un centime de plus au producteur ou à une oeuvre de bienfaisance.. Achetez de l'eau de Volvic et on construira des puits au Sahel!! allez, hop, au magasin, et soyez généreux! Et oubliez que Danone fait justement parti des responsables de la situation au Sahel. En achetant de la Volvic, pauvre consommateur, tu permets en tout premier lieu au système économique actuel de prospérer. Et donc tu pilles surtout l'eau qui permettrait aux pays du Sud de cultiver les céréales et de prospérer en leurs proposant généreusement des puits de la soumission qui ne les feront même pas survivre. La violence de la consommation est inouie. En buvant de l'eau minérale on en profite pour tuer un ou deux mecs qui n'ont pas la chance de vivre sous la bonne latitude. Arrêtons de nous faire croire que l'on soigne un mal par le même mal déguisé. Arrêtons de nous dire que nous pouvons consommer intelligemment. Lorsque l'on consomme, il s'agit juste de faire le moins de dégâts possible. Ainsi, achetons local, achetons équitable... Mais en gardant en tête que cela n'est pas un effort, pas un geste de solidarité, cela est juste le moindre mal. Le strict minimum. L'effort à faire est d'abord de consommer le moins possible. Tant de produits que nous achetons transformés alors que nous pourrions facilement les préparer nous-mêmes! Je voudrais ainsi commencer un cycle sur la violence. Il ne sera certainement pas très long, car il ne sera que pistes de réflexions. Interrogations plutôt. L'homme est-il vraiment violent à l'origine? L'homme est-il réellement un "loup pour l'homme", selon la formule de Hobbes? Premières questions sur ce sujet, premières esquisses de réponses: Le mimétisme est à la base de l'éducation, mais également des désirs, par extension de la violence. En effet, les besoins - manger, dormir,..- trouvent leurs solutions évidentes pour les assouvir. Mais il n'en est pas de même des désirs, qui sont indéterminés. L'Homme, par nature, ne sait pas quoi désirer. Ainsi, ses désirs s'identifient aux désirs des autres, par pur mimétisme. Ce que désire l'autre devient désirable. Au final, les hommes en viennent ainsi à désirer les mêmes objets, et la violence devient inévitable. La violence mimétique, ici encore. La violence appelle la violence, les coups appellent les coups. Le cercle infernal est lancé. On ne sait même plus pourquoi l'on se bat, mais il apparaît évident que des représailles plus violentes encore sont les seules amènes à stopper le cercle vicieux. Il semble que la société de consommation dans làquelle nous nous trouvons est donc particulièrement violente, par définition. A grands coups de publicités, nous sommes poussés à vouloir tous les mêmes produits... L'exemple me semble intéressant. Le premier niveau de violence est celui dont fait preuve le consommateur. Celui-ci désire la paire de chaussure à la mode du voisin. Le deuxième niveau est celui de la production qui assure la satisfaction de ces faux besoins crées par la pub. Première violence supplantée par une deuxième. Violences organisées. Le chaos. Lorsque le paroxysme de la violence est atteind, losque tout le monde se bat contre tout le monde et qu'il n'y a plus que sang, alors l'indice le plus dérisoire peut désigner la victime. Le plus petit soupçon devient alors la certitude de tous, et le jugement se fait unanime. Le lynchage peut alors commencer, et la mort de la victime désignée rétablit l'ordre général. Quelle sera la victime finale du productivisme élevé au rang de valeur? La victime acquiert un statut ambigü. Si elle est coupable, elle devient également le sacrifié qui permet la pacification de la communauté. C'est de l' "efficacité sociale du mécanisme sacrificiel" que parle J-P. Dupuy dans Le sacrifice et l'envie pour désigner ce principe. Le sacrifice doit être compris comme "sacer-facere" = rendre sacré, précise plus loin Dupuy. Le sacré est donc le résultat de la séparation entre les deux violences: celle impure à l'origine du désordre, et celle pure qui fonde l'ordre social. Voilà en quelque sorte l'origine de la violence inhérente à toute société humaine, puis de celle qui vise à faire société. Une violence chasse l'autre, le chaos demeure... Cela fait quelques semaines que je n'ai pas écrit de nouveau post. Pourtant, durant ces quelques semaines, et depuis quelques temps, il se produit quelque chose de vraiment remarquable, quelque chose à laquelle il faut s'intéresser de toute urgence. Non ca n'est pas une nouvelle télé réalité ni un nouvel événement sportif ou une sortie cinématographique US. Je parle de ce souffle d'air frais, un petit vent se gonflant jours après jours, qui est le bienvenu pour raffraîchir nos pauvres têtes asphyxiées. Je n'ose dire que se lève un petit vent de résistance, m'enfin, ca y ressemble bien. Et ce n'est pas pour me déplaire. L'Amérique latine se réveille, tout doucement, et il s'échappe de ses narines un petit souffle amère. Amère mais pas seulement, un souffle plein de nouveaux espoirs de république, d'égalité, de conditions dignes et humaines, tout simplement. Un petit souffle qu'il convient de saluer. Peut-être même, mais allons-nous le concéder du haut de notre Vème République mourante et de notre Europe exsangue, qu'il conviendrait de s'en inspirer sérieusement. Forcément, à force d'humilier (Argentine en 2001,...), on ne s'en tire jamais comme ca. Quand un peuple prend conscience de son unité et de la force de son multiculturalisme, il devient plus difficile de le manipuler à coup de FMI et de modèle économique mondialiste. Oh oui bien sûr, le salut n'est point arrivé, mais... l'espoir... La Bolivie était jusqu'à présent le symbole de la corruption et des homicides, elle devient pour beaucoup, avec Evo Morales, celui d'un nouvel espoir pour une vision plus sociale, égalitaire, respectueuse de l'environnement, multiculturelle... Cela a commencé le 1er mai dernier, avec le début des nationalisations des ressources énergétiques. Ajoutez à cela la mise en place d'une Assemblée constituante qui sera chargée de rédiger une nouvelle Constitution, et le petit souffle amère devient rêveur. Le philosophe Francisco Fernandez Buey en est convaincu, la Bolivie connaît une révolution inédite. C'est en effet la première fois dans l'histoire de l'Amérique latine que sont abordés de front, du point de vue des plus défavorisés, la problème économique et social et le problème national (faire cohabiter les différences ethniques, linguistiques,...), soit les deux plus grand problèmes de notre monde. et tout cela sur des critères égalitaires et solidaires, s'il vous plaît. La Constitution qui va voir le jour sera une première historique (si toute fois le gouvernement d'Evo Morales résiste aux ingérences des Etats-Unis et des multinationales étrangères et aux pressions de toutes sortes). En effet, les souhaits des citoyens (cette phrase est bien celle qui convient, car la participation des cotoyens au processus socio-politique s'est avéré remarquable) sont la mise en place d'une "république sociale et démocratique de droit, plurielle, participative et représentative" (FFBuey, "El Pais", CI 11au 17mai). Waouh ca laisse rêveur hein amis de la Vème république ,). La Bolivie a tout simplement un projet d'Etat multiculturel, se fondant sur la "reconnaissance de la valeur de la diversité pour la vie publique"(idem). Descendants de colonisateurs, contemplez l'inconcevable: le développement des langues aymara et quechua est compatible avec l'usage de l'espagnol, la montée en puissance de l'économie communautaire et familiale, dans un système d'économie sociale mixte, est compatible avec le développement durable et la redistribution équitable des richesses, la souveraineté de l'Etat sur les ressources naturelles est compatible avec le pluralisme politique. Mais le souffle ne s'arrête pas à la simple Bolivie, comme dit plus haut. Il concerne tout le continent. Hugo Chavez, président du Vénézuéla, n'a-t-il pas souhaité récemment la "construction d'une Amérique latine communautaire et indienne rejetant le modèle économique mondialiste"? Alors, juste un appel maintenant, un appel à l'Union européenne: ne mettons pas de bâtons dans les roues de ce souffle nouveau. Voilà qui sera suffisant pour l'instant. Quand à moi, un billet pour La Paz siouplaît! Témoignage de Jean-Frédéric Tronche sur la transformation de France Soir en une sorte de tabloïd anglais tout à fait à vomir: France Soir. Les années ont passé. Treize ans à écrire, suer, déconner, à tout faire pour ne pas décevoir ce père exigeant, adorable tyran. Des jours souvent, des nuits, aussi, passés à pianoter, galoper, négocier un contact avec des dealers de banlieue, chercher un traducteur dans la bande de Gaza ou le spécialiste des vols de grues sur les chantiers parisiens (authentique !). C’est ça, France Soir. Faire de tout, beaucoup, avec plus ou moins de moyens. Des moyens peau de chagrin au fil des ans. Je ne vous referai pas le décompte des coupes sombres dans le budget de fonctionnement, des incroyables trésors d’imagination qu’il nous a fallu développer pour apporter à nos lecteurs un papier digne de ce nom. Dans les temps. Malgré tout. Scrutant l’histoire en marche d’un oeil, guettant de l’autre un ciel de plus en plus noir où tournoyaient déjà des rapaces, avides de fondre sur la bête malade pour s’en disputer la carcasse. Valse de directeurs de la rédaction plus ou moins inspirés ou de citizen Kane à la petite semaine. Alors, j’ai quitté cette rédaction, devenue ma deuxième maison, quand ce n’était pas ma résidence principale où j’avais entreposé brosse à dents, chemises et caleçons de rechange (en cas de départ précipité, n’allez pas vous imaginer des choses !) En fouillant bien dans un tiroir, vous trouverez peut-être une paire de chaussettes. Piètres vestiges ! Mais restent les articles, ceux que j’ai faits, ceux que vous savez si bien faire. La documentation : là est votre vrai trésor. Les repreneurs ont-ils seulement osé se risquer à fouiner dans cette âme de journal, construite papier après papier au prix de vos efforts, édifice gardé vaillamment par Florence ? Idem pour les archives photos. Trouveront-ils des mercenaires d’agences capables de former une vraie équipe, comme nous en formions avec Grégory Brandel ou Pascal Lesire ? Non, ça, ils ne savent pas. Il faut être journaliste pour le savoir. Bref, tout donner pour si peu, ni gloire ni fortune mais la fierté d’œuvrer pour quelque chose de chouette. Un journal qui se respecte et respecte ses lecteurs. En disant non à un dévoiement absurde, en disant merde à la médiocrité et en tournant le dos aux fossoyeurs, vous avez, même vous mesdames, de sacrées couilles. Même si vous ne voulez pas, à juste titre, que ce gros mot finisse par devenir la ponctuation naturelle de vos colonnes. Car France Soir, c’est vous. Qu’on me l’accorde. Je sais de qui et de quoi je parle. Toute ma vie s’est passée là, Camille, ma fille aînée y a réellement fait ses premiers pas, elle y a dormi, elle aussi, dans son couffin, bercée par le cliquetis des claviers. C’est aussi dans ce bazar organisé que j’ai déniché la femme de ma vie et de vrais amis. Vous, les résistants d’Aubervilliers. Jean-Frédéric Tronche (ex-grand reporter à France Soir) Un à un, Sarkozy va chercher les électeurs d'extrême droite. Aujourd'hui encore, il précisait que "ceux qui ne sont pas heureux en France peuvent partir". Sarkozy rime avec Berlusconi. Vive le populisme! Hier soir sur France 3. Du spectacle, encore du spectacle, du rien, du vide, du non-existent, et puis un moment, stop. On se pose, on relève la tête, et on écoute. On écoute l'histoire du rwanda, la folie, le génocide, enrobés dans la haine. Et l'incompréhension. Comment pardonner à celui qui a passé trois mois de sa vie à tuer, à celui qui a brûlé, massacré, mitraillé des familles, ouvert le ventre des femmes enceintes, et enfin comment pardonner à celui qui n'a jamais demandé pardon? Le témoignage d'un rwandais, découpé à la machette, mais qui a survécu. Il est allé se faire soigner en Suisse, puis a choisi de retourner dans son pays. Arrivé dans son village, il tombe sur son "aggresseur", entrain de boire un verre dans un bar. Celui-ci lui propose de boire un Fanta. Hier, suite à la grève de la faim d'un homme politique local dans les Pyrénées, une entreprise va être maintenue sur le territoire et même être agrandie. Alain Touraine soulignait ce matin sur Europe 1 qu'il faut être attentif à ces crises plus ou moins grandes qui frappent le monde politique. Le gouvernement n'avait pas prévu d'intervenir, mais il a fini par le faire, à nouveau sous la pression. La crise des banlieues, la mobilisation contre la loi sur l'égalité des chances, maintenant cette grève de la faim... Sont autant de symptômes d'un épuisement de la vie politique. Le sommet de cette logique a été la promulgation par Chirac d'une loi tout en demandant sa non-application. Risible, grotesque, et surtout très révélateur du fait que les hommes politiques eux-mêmes ne croient plus en leur pouvoir d'action. Avant, un homme politique nous dispensait une vision de la société et un projet, bon ou mauvais, pour son évolution future. Cela créait des tensions, provoquait des clash, des affrontements, mais au-moins on avait la sensation d'être gouverné (je n'aime pas trop mes dernières phrases, on pourrait croire que je sombre dans la logique du passé plus glorieux et porté au pinacle...m'enfin continuons), alors qu'aujourd'hui, il n'en n'est plus rien, et on a la sensation d'une navigation à vue, jour après jour. Tous les paramètres semblent être désormais réunis pour permettre l'émergence de nouveaux acteurs. La sortie de scène de Berlusconi est pitoyable, à l'image de son règne sur l'Italie durant ces cinq dernières années, qui lui ont suffit pour gaspiller les bénéfices engrangés liés au passage à l'euro. Pour les sceptiques (y'en a-t-il?), on peut faire un bilan de son mandat chiffres a l'appui (ces données sont tirées d'"Alternatives économiques" du moi d'avril). Je pourrais continuer longtemps, mais je vois d'ici l'objection que Berlusconi ne peut être responsable de tout cela. En effet, ça n'est pas tout a fait faux, mais d'une telle chute et d'une situation si calamiteuse, je crois que si! D'autant plus que le cavaliere a bénéficié des efforts du gouvernement de gauche (de Romano Prodi justement) le précédent pour faire rentrer l'Italie dans l'euro!! Berlusconi a profité de cette situation, en bonne droite populiste qu'il incarne à merveille: il a baissé les impôts pour les riches, et augmenté les dépenses publiques. Bref, il a mené une politique budgétaire expansive, ce qui a ruiné les efforts fournis avant lui pour réduire la dette publique italienne qui est immense. Alors maintenant, que va pouvoir faire Prodi? Bof, pas grand chose, il sera obligé, à nouveau, d'instaurer une période de rigueur budgétaire... Pas facile en effet de succéder au chant de ruines que laisse Berlusconi derrière lui!! Et dire que Prodi n'a été élu que grâce aux voix des italiens votant à l'étranger. Ca prouve bien la force de la désinformation télévisuelle, non? Berlusconi n'a pu tenir ainsi que grâce à son argent et ses campagnes de pub payantes et gratuites sur les chaînes télé qu'il possède. Où est la démocratie? Voici l'Appel de le coordination de Toulouse, c'est à dire ce pourquoi des milions de gens descendent dans le rue et se mobilisent jours après jours; Avis à toi, UNEF, voilà ce que tu aurais dû défendre depuis le début de la mobilisation: http://chartres.lcr-centre.org/article.php3?id_article=19 Aujourd'hui lundi, dans un peu moins d'une heure et demie, le gouvernement doit céder sur la question du CPE et annoncer, non son retrait, mais son aménagement-remplacement, son déguisement. Histoire de ne pas perdre la face, il n'y aura pas d'abrogation pure et simple, on peut le comprendre. Haro sur ceux qui pensaient que nous en serions satisfait! Un petit rappel très simple: il y avait des milions de personnes dans la rue pour le retrait du CPE et du CNE et de la LEC (loi sur l'égalité des chances). Un CPE new look, dans cette situation, ne peut donc nous satisfaire. Mais est-ce que la mobilisation va se poursuivre, après ce retrait déguisé du CPE? Je parle d'une vraie mobilisation, qui prendrait de l'ampleur chaque jour, comme on a pu le voir jusqu'à présent. Ou va-t-on voir une sorte de baroud d'honneur durant encore quelques jours, avant de se faire happer par les préoccupations de chacun? J'opte pour ma part pour la deuxième solution, mais ce n'est pas sans espérer la première. Cette situation, elle était à prévoir, elle était prévue, même. Nous avions essayé de prendre les mesures pour la surmonter, à savoir étendre nos revendications à celles citées au-dessus, et les faire savoir. Le problème est que nous n'étions et ne sommes toujours pas sur la même longueur d'onde. Je pointe du doigt l'UNEF, et ses postures tactiques discutables. On nous taxe d'"anti-CPE" malgré le fait que nous nous batons pour faire valoir nos revendications? L'UNEF et son président, Julliard, ne s'en émeut pas, et précise que pour sa part, il s'agit d'une posture tactique, à savoir que le CPE est la seule mesure susceptible de rassembler l'ensemble des étudiants, travailleurs.. L'UNEF ne se veut pas le porte-parole du mouvement, et encore heureux. Malheureusement, comme par hasard, ce sont eux qui nous représentent médiatiquement (à cela plusieurs raisons, la solution de facilité pour les journalistes n'est pas la moindre je pense...) Et là se pose un réel problème: n'appeler qu'au retrait du CPE, et en quelque sorte profiter de la mobilisation historique pour faire valoir son syndicat, suppose un coup d'arrêt prévisible du mouvement à chaque fois que le CPE sera modifié, masqué, déguisé. Un discours clair aurait été de revendiquer, dès le début, le retrait de la loi sur l'égalité des chances, et qu'on ne m'explique pas que le CPE a été le "déclencheur", le catalyseur de toutes les revendications, et qu'il fallait donc se servir de ce symbole fort, car là je m'énerve, et je réponds que le travail d'un syndicat est peut-être aussi de recentrer les revendications, de guider, et non de tirer une balle dans le pied à ce qui émane de l'Assemblée Générale. Syndicats, de deux choses l'une: soit vous faites parti du mouvement, et donc n'adoptez en aucun cas une posture tactique différente de l'AG (vos tactiques, on voit où elles vous ont menées), soit vous dégagez. Le CPE va être déguisé dans moins d'une heure maintenant, et nous verrons bien si le mouvement va encore prendre de l'ampleur ou stagner puis mourir. Dans le dernier cas, ce sera l'échec d'une tactique syndicaliste, encore une fois. Mais si toutefois il devait perdurer, UNEF, ne joue plus de double-jeu, et si tu n'émane pas de l'AG, ne fait plus entendre ta voix qui n'est plus audible par les milions de personnes mobilisées. Un post rien que pour le dernier film que j'ai vu: wassup rockers, de Larry Clark. On suit une bande de gamins qui viennent du ghetto (eux même le disent) de Los Angeles appelé South Central. Minorité dans la minorité, ils sont mexicains, guatémaltèques.. écoutent du punk-rock, s'habillent avec des fringues serrées (des t-shirts des Ramones de taille 10ans, et pas juste pour le style, mais par nécessité, car ils sont du ghetto, j'vous ai dit!!, des jeans troués par l'usure..).. La première partie du film ressemble à un documentaire sur ces ados de quatorze ans qui résistent à l'influence dominante du hip hop. On les voit skater, jouer dans leur groupe de rock, tout déplacement à l'extérieur comporte du danger. Le film a d'ailleurs pour toile de fond le meurtre d'un de leurs potes. Ensuite le film s'emballe, la bande entame une sorte de fuite en avant, en allant dans le quartier branché de Beverly Hills, à l'autre bout de la ville. Fuite en avant, avec de nombreux obstacles qui ponctuent le parcours (contrôle de flics, blancs qui leurs tire dessus..), et à chacun d'entre-eux un des mômes arrêtera le voyage. Pourtant, impossible de se retourner, de faire demi-tour, à la manière du punk, ils foncent droit dans le mur, mêlant revendications, prises de conscience graves et désespérées et tout simplement amusements sans arrières-pensées. Un film juste, sans facilités. Et ces mômes, Clark les a trouvés tel quel dans leur ghetto, il n'a pas changé un bouton à leur look, à ce qu'il paraît. Punk's not dead. Aujourd'hui, j'ai commencé de lire Ulysse. Je lis Joyce comme je lis une potion magique, comme je lis Céline. Une vie n'y suffit pas; qu'importe, ceux-là sont éternels. Par opposition, je pense à Modiano. Une énigme, pour moi, Modiano. Que faire de ses bouquins? Y'a t-il quelqu'un qui pourrait m'expliquer l'intérêt de Modiano? Je n'y comprends rien. Une dernière chose. Je crois que je ne suis plus démocrate. A quoi bon demander son avis à la masse molle qui n'en a de toute façon aucun? Autant demander leur avis à ceux qui se sentent impliqués! Je sais, c'est pas nouveau comme idée, la démocratie n'est que le moins mauvais de tous les systèmes. Dans mes moments d'optimisme, je me dis qu'il est temps d'en trouver un autre! Dans tous les autres moments, je me dis qu'on est mal barrés. L'éducation de masse est un échec, voyez l'université. Le peuple est une bande de bras cassés. J'en fais partie. Erf. Dans l'Emile, Rousseau ne peut s'empêcher de citer un petit passage d'Homère, qui fait des "Cyclopes mangeurs de chair des hommes affreux, et des Lotophages un peuple si aimable, qu'aussitôt qu'on avait essayé de leur commerce, on oubliait jusqu'à son pays pour vivre avec eux". J'ai décidé de retranscrire ici quelques petits extraits de ce passage d'Homère, qui me revient toujours en tête au moment de déguster quelques pièces de viande fraîche :-) Alors voilà, ça commence ainsi: "Tu me demandes, disait Plutarque, pourquoi Pythagore s'abstenait de manger de la chair des bêtes; mais moi je te demande au contraire quel courage d'homme eut le premier qui approcha de sa bouche une chair meurtrie, qui brisa de sa dent les os d'une bête expirante, qui fit servir devant lui les corps morts, des cadavres et engloutit dans son estomac des membres qui, le moment d'auparavant, bêlaient, mugissaient, marchaient et voyaient." "Comment avez-vous le coeur de mêler avec leurs doux fruits (ceux de cérès et bacchus) des ossements sur vos tables, et de manger avec le lait le sang des bêtes qui vous le donnent?" Et enfin, le passage que je préfère: "Ô meurtrier contre nature! si tu t'obstines à soutenir qu'elle t'a fait pour dévorer tes semblables, des êtres de chair et d'os, sensibles et vivants comme toi, étouffe donc l'horreur qu'elle t'inspire pour ces affreux repas; tue les animaux toi-même, je dis de tes propres mains, sans ferrements, sans coutelas; déchire-les avec tes ongles, comme font les lions et les ours; mords ce boeuf et le met en pièces; enfonce tes griffes dans sa peau; mange cet agneau tout vif, dévore ses chairs toutes chaudes, bois son âme avec son sang. Tu frémis! tu n'oses sentir palpiter sous ta dent une chair vivante! Homme pitoyable! tu commences par tuer l'animal, et puis tu le mange, comme pour le faire mourir deux fois. Ce n'est pas assez: la chair morte te répugne encore, tes entrailles ne peuvent la supporter; il la faut transformer par le feu, la bouillir, la rôtir, l'assaisonner de drogues qui la déguisent: il te faut des charcutiers, des cuisiniers, des rôtisseurs, des gens pour t'ôter le l'horreur du meurtre et t'habiller des corps morts, afin que le sens du goût, trompé par ces déguisements, ne rejette point ce qui lui est étrange, et savoure avec plaisir des cadavres dont l'oeil même eût eu peine à souffrir l'aspect." Héhé, frémissez, hommes pitoyables, devant la puissance du texte du grand homme! :-) La "loi de l'égalité des chances". C'est cynique, c'est mesquin, c'est libéral. Ca rend fou. L'égalité des chances, il ne faudrait pas la confondre avec le sens premier de l'égalité. C'est tout son opposé. L'égalité des chances, c'est un concept libéral qui veut faire partir toutes les personnes d'une société de la même ligne de départ. C'est irréaliste, ridicule, en totale contradiction avec la réalité, m'enfin.. On veut nous faire croire que l'on a les mêmes chances au départ dans la vie.. Allez en parler aux mecs des HLM, aux mecs fils de prolo.. M'enfin, soit. Donc, on est tous à égalité. Ensuite, vu qu'on suit des chemins différents (et cela n'est bien sûr dû qu'à notre volonté hein, loin d'eux la pensée qu'il existe des différences de capital, comme aurait dit Bourdieu..), on arrive à différents stades de la société, nos ascensions sociales sont plus ou moins longues.. et pouf! la société est née! C'est magique, c'est salvateur, c'est libéral, vous dis-je! Bref, la loi de l'égalité des chances (EDC) que ce gouvernement nous à pondu relève de cette logique. Alléluia! Vous êtes, à ce qui paraît, un bon petit paquet dans la rue ces derniers temps! On nous dit: "vous n'êtes pas contents, mais que proposez-vous? allez allez, on vous écoute!!" Discours cynique et résigné. La rue à un poids, elle impose le réveil aux politiques! Et arrêtez de nous faire passer pour des conservateurs, please! C'est à se tordre de rire, lorsque l'on entend parler de réforme! Ou plutôt à pleurer. Ca, ce n'est pas une réforme, non non, ca s'appelle un recul social, un recul de société! Les réformes proposées par l'opposition, le gouvernement les balaie d'un air de mépris, de nuit comme de jour (surtout de nuit, c'est bien plus pratique, nous, la nuit, on dort.. ,) Et lorsqu'on nous propose cette aberration, tout le monde s'empresse de nous dire: mais c'est scandaleux! Avec une attitude comme cela, on n'avancera jamais! Vous êtes opposé au dialogue et à toute réforme! A pleurer, vous dis-je.. snif Que les choses soient claires, nous sommes réformistes (à part la frange anar et révolutionnaire :) ) mais dans le sens premier du terme réforme. Dans le sens progressiste, et pas dans le sens galvaudé, celui libéral, qui signifie "régression sociale"!! Pas content, vous dis-je!! NI CPE NI CNE NI LOIS ANTISOCIALES NI MISERE NI REPRESSION NI EXPULSIONS NI FAUSSES INFORMATIONS NI MANIPULATION NI FRONTIERES NI MILITAIRES NI PRISONS NI MONDIALISATION NI COLONIALISME NI PATRIARCAT NI JUGEMENT DE VALEUR NI MONNAIE NI VILLEPIN NI LE PEN NI ROYAL NI MARSEILLAISE NI CENSURE NI TELE NI CELINE DION NI SEXISME NI FMI NI FRANCE NI REPRESSION SEXUELLE. Au Mexique, au bord de l'eau dans un petit village côtier, un bateau rentre au port, ramenant plusieurs thons. Un américain complimente le pêcheur mexicain sur la qualité de ses poissons: L'américain: Combien de temps vous a-t-il fallu pour les capturer? Le pêcheur mexicain: Pas très longtemps. A: Mais alors, pourquoi n'êtes-vous pas resté en mer plus longtemps pour en attraper plus? PM: Ces quelques poissons suffiront à subvenir aux besoins de ma famille. A: Mais que faites-vous le reste du temps? PM: Je fais la grasse matinée, je pêche un peu, je joue avec mes enfants, je fais la sieste avec ma femme. Le soir je vais au village voir mes amis. Nous buvons du vin et jouons de la guitare. J'ai une vie bien remplie. A: J'ai un diplôme de l'université de Harvard et je peux vous aider. Vous devriez commencer par pêcher plus longtemps. Avec les bénéfices dégagés, vous pourriez acheter un plus gros bateau. Avec l'argent que vous rapporterait ce bateau, vous pourriez en acheter un deuxième et ainsi de suite jusqu'à ce que vous possédiez une flotte de chalutiers. Au lieu de vendre vos poisson à un intermédiaire, vous pourriez négocier directement avec l'usine, et même ouvrir votre propre usine. Vous pourriez alors quitter votre petit village pour Mexico City, Los Angeles, puis peut-être New York, d'où vous dirigeriez toutes vos affaires. PM: Combien de temps cela prendrait-il? A: 15 à 20 ans. PM: Et après? A: Après, c'est là que ça devient intéressant: quand le moment sera venu, vous pourrez introduire votre société en bourse et vous gagnerez des millions. PM: Des millions? Mais après? A: Après, vous pourrez prendre votre retraite, habiter dans un petit village côtier, faire la grasse matinée, jouer avec vos enfants, pêcher un peu, faire la sieste avec votre femme, et passer vos soirées à boire et à jouer de la guitare avec vos amis... En tout premier lieu, je voudrais préciser que tous les jours, à l'Université Marc Bloch, s'organisent des projections, des conférences, des débats,.. en présence de professeurs de sociologie, d'économie, de droit, de juristes, de spécialistes en tous genres, qui proposent des analyses objectives du texte de loi et de la situation actuelle. Bien sûr, le Patio est ouvert à tous, la rumeur folle de bloquer complètement l'Université étant une manipulation des Jeunesses UMP qui ne vise rien d'autre que casser le mouvement en faisant peur aux étudiants indécis. La situation est toute autre, nous voulons seulement le blocage des cours (voté hier en AG), de manière à permettre à tous de s'informer, de s'impliquer dans les débats, dans la mobilisation contre la précarité si le coeur vous en dit. Car oui, le CPE, c'est la précarité inscrite dans la loi, et c'est cela qui est inadmissible. Le CNE touchait les entreprises de moins de 20 employés, le CPE les personnes de moins de 26 ans.. Et tout cela n'est qu'un premier stade. Si le CPE n'est pas retiré, soyez certains que le gouvernement à d'autres projets dans ses cartons. Avez-vous entendu parler du contrat unique? Et oui, salariés qui vous croyez à l'abri, ou qui dans le meilleur des cas pensez vous mobiliser par simple solidarité, nous avons affaire ici à un véritable projet de société, projet libéral, qui vise à casser les acquis sociaux, au non d'une plus grande flexibilité. A ceux qui disent : "un CPE c'est mieux que rien": Je dis non, un CPE, n'est pas mieux que rien. Accepter le CPE, c'est accepter toute cette logique qui va avec. Souvent, les personnes disant cela sont précaires, chômeurs, désespérés.. Connaissez-vous le NAIRU? Il s'agit en gros du taux de chômage MINIMUM calculé pour une société donnée et qui est nécessaire pour ne pas augmenter l'inflation. Vous avez bien lu, le chômage est un instrument, utile aux politiques pour faire accepter des mesures du genre du CPE, utile pour rendre docile. Malgré tout ce qu'on nous dit, non, les politiques ne visent pas à faire baisser le chômage, ils s'en servent au contraire. D'où l' argument principal de Villepin en faveur du CPE: le taux de chômage des jeunes est de 20% et des brouettes. Dit comme cela, c'est faux, archi faux! En effet, en décomptant les personnes en formation et celles faisant des études, ce taux tombe à 8%! A ceux qui disent: "le CPE permettra aux entreprises d'embaucher": Je réponds qu'en économie, un raisonnement se basant au niveau d'une seule entreprise, est tout simplement falacieux. IL s'agit ici de la thèse libérale en vigueur, mais le problème en économie, c'est que tout système peut marcher, en fonction des hypothèses qu'on y met. Le problème est que dans la réalité, cela ne se passe pas comme cela, car il faut pour avoir un point de vue objectif se positionner à un point de vue macroéconomique. Et la, que voyons nous? Les personnes, ne disposant plus d'un emploi stable mais précaire, vont moins consommer, et la demande sera moins grande, donc forcément, à un niveau global (le seul qui compte!), la demande sera moins grande, et les entreprises auront besoin de moins d'employés.. Le CPE ne créera aucun d'emplois, tout comme le CNE n'en crée aucun depuis qu'il est mis en place. La situation est grave, et il faut proposer des solutions, mais le CPE n'en est pas une qui tient la route. Le gouvernement pensait le faire passer en douce comme le CNE, comptant sur les examens qui approchent et sur les vacances, mais malheureusement pour lui, nous sommes bien la! Et nous ferons aussi la grève des vacances s'il le faut. Car le CPE et son grand frère le CNE nous entraînent sur la voie de la précarité généralisée à l'ensemble des travailleurs, nous nous mobilisons. Vous l'avez compris, il s'agit bien de la société que nous voulons pour demain. En empêchant le CPE, nous porterons un coup d'arrêt certain à cette machine qui s'est mise en route depuis les années 80. C'est aujourd'hui ou jamais. Foucault écrivait: "mon problème s'énonce ainsi: comment se fait-il qu'à une époque donnée on puisse dire ceci et que jamais cela n'ait été dit?" En effet, pour le philosophe chaque période a un discours singulier: chaque époque ne dit que ce qu'elle voit à travers les oeillères de ses discours (ici l'on entend pas le terme "discours" comme des phrases permettant d'exprimer tout ce que l'on entrevoit comme vérités.. le discours exprime ce que les hommes font vraiment.. par opposition à ce qu'ils s'imaginent du monde dans lequel ils vivent.. ils sont enfermés dans un bocal, mais ne le savent pas, ne savent même pas qu'il y a bocal.. ils pensent qu'ils sont libres de formuler les idées qui leurs plaisent, mais sont prisonniers du discours..par exemple, sexualité et folie existent bel et bien, mais impossible de dégager le discours de la chose en soi!! je tire ces infos d'un bouquin assez clair et intéressant: L'infréquentable Michel Foucault, sous la direction de Didier Eribon) En résumé, c'est en société que nous créons nos propres définitions des phénomènes, et ensuite nous nous enfermons dans ces conceptions, et sommes aveuglés.. impossible de les dégager alors de ce que ces phénomènes sont réellement! D'où une vision différente de la même "chose" en fonction de la société dans laquelle on se trouve. Ainsi, dans Surveiller et punir, Foucault ne nous dit pas que notre système carcéral constitue un progrès par rapport au système de l'Ancien Régime basé sur les supplices, ni qu'il n'est pas un progrès humanitaire d'ailleurs, comme beaucoup l'ont pensé.. Non, Foucault nous dit juste que ces deux systèmes pénaux sont le produit d'une époque, et qu'ils visent des objectifs aussi arbitraires l'un que l'autre (l'Ancien Régime voulait décourager les personnes assistant au supplice de faire de même que le supplicié, et le nouveau pouvoir vise à "réinsérer" un jour le condamné dans la société, à agir sur son âme.) Que de choses a dire sur Foucault! Au lieu de faire un résumé, une présentation vite faite, j'ai préféré m'attarder sur un petit point de théorie qui m'intéresse assez.. Mais lisez Foucault, Foucault le sceptique, Foucault l'intellectuel engagé dans les débats de son temps.. Le vingtième siècle sera foucaldien, disait Deleuze. Un penseur de premier ordre en tout cas qui éclaire beaucoup de débats actuels de notre temps! Dans le Dakota du sud, une loi vient de passer pour supprimer le droit à l'avortement. Elle s'appliquera pour toutes les situations, même en cas de viol,..etc. Pour être honnête, il y a une exception: lorsque la vie de la mère est en danger. De nombreux Etats conservateurs voisins du Dakota s'engagent dès à présent dans la même direction. Les pro-avortement aux U.S. ont réagis bien sûr, et de toute façon, il s'agit pour le gouverneur conservateur de cet Etat du sud de tester la justice... En résumé, peut-être que cette loi sera aménagée, mais le danger est bel et bien présent, et ce que craignent les féministes, c'est une dislocation progressive de toutes les avancées acquises de haute lutte durant les 60's. Oui à l'avortement J'ai un projet. Oui, un projet, vous savez, cette chose qu'il est si difficile d'imaginer, encore moins de formuler, et encore moins de réaliser. Eh bien moi, j'en ai un. Il est simple, et en même temps surprenant pour les quelques personnes à qui j'en ai parlé. En deux mots: je passe ma licence, je tente le concours d'école de journalisme, et si je ne l'ai pas, je prends une année sabbatique et je pars en vélo à l'aventure.. Les avantages: j'aurais le remps de préparer mon concours pour l'année d'après, j'apprendrais des langues étrangères, et enfin, ca sera une jolie expérience, non? Les points négatifs.. euh.. j'en vois pas..héhé! Ah oui, ok, c'est pas un projet comme on en attend dans ces bureaux sinistres avec un mec en face de vous habillé en gris qui vous dit après quinze minutes de questions non moins sinistres qu'il vous rappellera peut-être, mais enfin, c'est le mien, MON projet, et je doute que tous ceux qui le critiquent ou le feront en ont réalisé ou même formulé un! Profitant d'un samedi soir un peu moins prolongé que d'habitude, me voila donc prêt ce matin pour reprendre mes bonne vieilles habitudes. Dix heures, le bateau livre. Michel Onfray nous parle des ses sagesses antiques, toujours aussi excessif, toujours aussi engagé, M.O. Intéressant, aussi (presque toujours). Il ne manque jamais une occasion de nous rappeler son université populaire (oui, M.O., on sait, on est au courant .. pfff). M.O. Vs l'université, l'édition... M.O. est au front médiatique, il en impose avec son look travaillé de philosophe détendu... Et sur le fond aussi, on comprend pourquoi toutes les semaines des personnes se rendent à Caen pour suivre ses cours sur les philosophes "oubliés". Voilà j'en arrive à ce bouquin de maître M.O., sagesses antiques, un bouquin que je n'ai pas lu (héhé vous oubliez les Misérables si vous vous êtes mis à imaginer cela...) Mais bon, j'ai tout de même entendu le maître nous en parler, et bien en plus. Il existe en effet tous types de philosophes rebels, oubliés de l'histoire des idées, supplantés par Socrate, puis Kant. Eh oui, ceux-ci ne sont ni traduits en francais, ni commentés, ni cités dans les cours des universités... On baigne dans une lecture subjective de l'histoire des idées, une sorte de pensée dominante, qui oublie les autres modes de pensée. Bien vu, M.O., on attend les prochains tomes (quatre à venir) avec impatience (s'il y en a qui ne savent pas quoi m'offrir :-) Moi, ça m'a fait penser à mes lectures de Noël (je m'étais mis aux présocratiques). Pythagore, Thalès, Aristophane, Xénon,... Imaginez un mec qui vous soutient qu'une flèche ne se déplace pas, reste immobile... ouch! Démonstations à l'appuie (auxquelles je n'ai rien compris). J'en retiendrais simplement qu'un peu de recul sur notre vision du temps qui passe et de l'Histoire est nécessaire.. Eh oui, il se peut bien que l'on se soit gouré depuis Socrate, et qu'en fait il n'y a pas de temps qui passe.. je dis un peu n'importe quoi, mais un jour peut-être je ferais un post sur les présocratiques, où peut-être pas.. enfin sachez que ça existe, et que vous pouvez très bien les lire. Au bateau livre aujourd'hui on a fini sur un débat. On reste sur notre faim, m'enfin.. Il s'agit du dernier bouquin d'Amos Oz, Comment guerrir un fanatique. Oz, avec son brio habituel je n'en doute pas, explique entre autre que le fanatisme n'a rien à voir avec la religion, il le compare à une île, c'est à dire coupé du monde, renfermé sur lui-même, par rapport à la religion, cette presqu'île ouverte sur le monde. No comment. Là où Oz fait peut-être plus fort, c'est quand il estime qu'il n'y a pas besoin de s'aimer pour faire la paix, l'indifférence fait peut-être plus l'affaire. Soit. Mais le débat est lancé quand, en tant que penseur Israëlien, il précise qu'une barrière est plus utile à la paix que de faire l'amour avec ses ennemis du passé.. Alors, allusion au mur érigé par Sharon en son temps? Personnellement, je n'en sais rien, la prochaine fois j'essaierais de vous parler de bouquins que j'ai lu. Cette semaine, le "Courrier International" titre "nucléaire/ demain la guerre avec l'Iran". En gros: Ahmadinejad pense que l'Occident va céder, mais Washington et Israël ne peuvent tolérer qu'un régime islamiste comme celui de Téhéran possède LA bombe. Alors voila, lisez ce dossier, très bien fait, qui explique tout sur ce conflit qui grandit de jour en jour. Quand à moi, je me suis mis aux petits bonheurs. Vous savez cette philosophie de vie un peu ridicule, qui consiste à oublier ses "grands rêves" pour devenir attentif aux petits bonheurs de la vie quotidienne. Eh bien, un petit bonheur était bien d'aller voir le match strasbourg-litex lovech (héhé). Oh non, pas pour la qualité du jeu (a mouriiir d'ennui et de désespoir footballistique), mais pour se retrouver a trois dans une tribune à parler de biologie, de déchets nucléaires, de théorie critique, de chercher de l'or,... Génial un match de foot en ayant une autre conversation que "arbitre enculé" ,) ! On est samedi, j'ai encore rien foutu de mes vacances, à part errer sur le net et boire des verres avec les potes.. pfff! Et les Misérables qui m'attendent dans toute leur immensité littératuresque.. ah oui, merci Victor, merci de nous faire des descriptions de vingt pages au bas mot! La nature humaine est bizarre, quand même, si j'avais choisi ce bouquin de moi-même, j'aurais adoré, et là que je dois faire un exposé dessus, je le trouve imbuvable! Je relis Acide, arc-en-ciel d'Erri De Luca pour la troisième fois, au lieu de ça, et franchement, c'est encore mieux que les deux premières, ce livre est une perle, lisez-le, au lieu de lire ce blog! Si vous aimez Acide, arc-en-ciel (et même si vous n'aimez pas, vous ferez un petit effort), vous pourrez lire Montedidio, du même auteur. Ce bouquin sent les ruelles de Naples (maa quééé, naaapoli!!), le linge qui pend au-dessus, les mioches crasseux qui jouent en-dessous, avant de manger une soupe aux poulpes gluants, à moins qu'ils ne les grillent sur la plage.. Ah, Napoli, j'ai bien envie d'y retourner maintenant que j'y pense... Pour la peine je lirais des nouvelles de Joyce, ah le froid humide, brrr, une nouvelle de Joyce, et tout de suite on a envie de se réfugier dans les sous-sols des classes laborieuses de Hugo.. Allez, au boulot!! La grippe aviaire, la grippe aviaire,.. brrr! Vous avez remarqué? Oui bien sûr, je n'en doute pas, à tous les JT on nous parle d'épisootie, de pandémie,... brrr mais ca fait peur! Pourtant, en discutant avec seb l'autre jour (seb en conait un rayon en bio) il m'a expliqué calmement qu'il ne s'agit rien d'autre qu'une grippe qui touche les animaux. Et que tous ces schémas que l'on nous présente fièrement, tous ces mots étranges, ces formules, eh bien, en gros, c'est des trucs de journalistes qui veulent paraître intelligent.. Vous tous qui tremblez devant votre journal (télévisé ou non), sachez que les biologistes se marent en même temps, derrière leur petit écran. Soit ils ont beaucoup d'humour, soit c'est rassurant, à vous de choisir... Le risque, a-t-il poursuivi tout aussi calmement, moi qui tremblait à la seule énonciation du mot "risque", est que les virus mutent, et donc que celui-ci, comme les autres, pourrait muter, et pourrait ainsi se transmettre à l'homme... Mais pour l'instant, on n'en est pas là. Dans tous les cas, si le virus se prend l'envie de muter, il faudra bien se résoudre à ne plus consommer d'oeuf, de volaille.. à terme vous verrez, on sera tous végétariens!! D'ailleurs il faudrait s'y mettre dès maintenant, afin d'être prêt lorsque le grand jour arrivera, non? Allez, je veux bien vous aider: Mousse au chocolat "sans" Dans une grande casserole, faire fondre le chocolat dans un fond de lait de soja. Une fois le chocolat fondu, ajouter le tofu soyeux et l'arôme, mélanger un peu puis passer au mixeur plongeur pour obtenir une consistance homogène. Verser dans 6 ramequins. La consistance est un peu liquide et c'est normal, mais elle va prendre et devenir mousseuse après quelques heures au frais. Plus vous la laisserez refroidir, meilleure elle sera. Et voila, une recette de mousse au chocolat sans lait, sans oeuf.. Et moi je vous le dis, s'il lui prend d'attaquer, à ce H5N1, ce sera pour le plus grand plaisir de nos papilles! héhé! Si vous êtes végétarien(ne), n'hésitez pas à me contacter à waouch@hotmail.com. Toutes vos remarques ou témoignages pourront m'être utiles! Comment se construit un modèle alimentaire, et de même, comment les individus se l’approprient ou le rejettent ? Jean-Pierre Poulain, dans l’ouvrage Penser l’alimentation, explique qu’un modèle alimentaire se résume à une série de règles imposées de l’extérieur à l’individu au cours de la socialisation primaire. Il précise plus loin qu’il demeure tout de même un espace de liberté où l’individu peut amener ses propres innovations. Ainsi, ces innovations pourront elles-mêmes s’inscrire dans le modèle alimentaire du groupe ou être rejetées. Dans le premier cas, elles pourront être transmises comme un héritage aux générations suivantes. Cette analyse est à la base de notre réflexion : nous allons ainsi nous demander comment apparaît, chez un individu, l’idée d’une alimentation végétarienne. Pourquoi, et comment, une personne arrive à rejeter un modèle d’alimentation commun au groupe au profit d’un autre plus marginal? Quelle est la part, en somme, de la culture alimentaire transmise, des influences extérieures, et des valeurs personnelles dans le choix du végétarisme ? Pour le sens commun, serait comestible ce qui est biochimiquement parlant mangeable, c'est-à-dire métabolisable et nutritionnellement « utile ». Or l’on voit bien qu’à l’échelle de la planète toutes les espèces qui pourraient être mangées sur un plan purement biologique sont très loin de l’être. Claude Fischler, dans Identités des mangeurs, images des aliments, résume cette idée de la façon suivante : « tout ce qui est biologiquement mangeable n’est pas culturellement comestible ». La séparation entre le comestible et le non comestible est donc à replacer au centre de notre travail pour comprendre la pratique végétarienne. C’est d’ailleurs cette classification que l’interrogation provocatrice de Fiddes sur la quatrième de couverture de son livre Meat, a natural symbol vise à interroger : « Why do we eat cows but not cats ? ». Fischler en conclue, toujours dans le même ouvrage, que l’ « alimentation est donc gouvernée par un système implicite de règles complexes et selon toute apparence arbitraires ». Ce travail de classification entre le consommable et le non consommable est effectué par tous les peuples de la terre, dans toutes les cultures. Les végétariens semblent donc se retrouver dans une position particulière, à la frontière entre les pratiques alimentaires en lien avec leur culture d’origine et leurs aspirations particulières, leur refus personnel de consommer de la viande. Du moins au moment du choix de ce type d’alimentation, ils se retrouvent donc dans une position liminaire, et par nature sont ainsi fragilisées. Ils se placent en opposition, en rejet de la « culture dominante », et il faudrait donc qu’ils se « raccrochent » à d’autres valeurs, des valeurs propres au nouveau groupe qu’ils vont intégrer. D’où cette hypothèse qu’ils se retrouvent entre végétariens, pour partager des valeurs communes, avoir le sentiment d’appartenir réellement à leur nouveau groupe, celui de ceux qui refusent de manger de la viande. D’ailleurs Jean-Pierre Poulain précise bien dans Penser l’alimentation qu’ « un modèle alimentaire peut être posé comme un système de communication qui permet à un groupe humain d’organiser les relations entre les différents membres de la communauté, et de gérer son rapport à la nature ». Mais cette hypothèse procède de deux suppositions : la première est que la nourriture est placée au centre de la société, ou du moins en est un domaine clé, à partir duquel les hommes se définissent, qui fonde leur appartenance, et qui donc est au centre de leurs préoccupations. Nous pouvons en douter, bien qu’il apparaîtrait que les végétariens accordent une bonne place à la nourriture dans leur vie, puisqu’elle est l’objet de nombreuses réflexions. L’omnivore se débat ainsi toujours avec la contrainte qu’une seule source d’aliment ne peut suffire à son alimentation, contrainte qui est démultipliée chez le végétarien qui se prive de facto de toute une catégorie d’aliments ayant des apports nutritionnels indéniables. Il faut donc compenser ces apports, et pour ce faire le végétarien doit plus réfléchir à son mode d’alimentation. La deuxième supposition est que la démarche du végétarisme n’est pas simplement personnelle, mais une démarche également sociale, en rapport avec les autres, et qu’il faut donc au végétarien intégrer son nouveau groupe, ou du moins avoir des relations avec d’autres personnes végétariennes. Cette question que nous nous posons tous, qui n’est plus « mangerons-nous demain ? » mais « que mangerons-nous ? », les végétariens se la poseraient avec encore plus d’insistance. Mais soulignons que toute personne réfléchit à son mode d’alimentation, et c’est ce que rappelle Olivier Assouly dans Les nourritures divines : « personne ne peut se nourrir sans croire presque religieusement aux vertus ou tout au moins à l’innocuité de ce qu’il ingurgite ». Deux possibilités se présentent alors pour expliquer le choix du végétarisme : soit le végétarien se pose cette question (« que mangerons-nous ? ») en fonction de critères, de goûts et de dégoûts, de convenances personnelles, soit il se la pose via des influences extérieures, des modes, des idées, qui restent marginales, mais traversent la société à un moment donné… Peut-être aussi est-ce ces deux mécanismes en interaction : des modes, des influences extérieures auraient ainsi conduit l’individu à réfléchir sur sa propre vision de l’alimentation.. Laurence Ossipow, dans La cuisine du corps et de l’âme, nous livre une analyse intéressante du processus de passage d’une alimentation « traditionnelle » à une alimentation végétarienne via cette opération de classification aliments consommables / aliments non consommables. Ce processus est d’autant plus intéressant qu’il concerne cette situation de fragilité qui accompagne le passage d’un mode d’alimentation établit à un autre plus marginal. Précisons tout d’abord qu’il n’y a pas un seul régime végétarien, qui éliminerait toute viande, mais de nombreuses pratiques diversifiées, certains se présentant comme végétariens alors qu’ils consomment encore une viande tel que le poulet. A la base du végétarisme se trouve la notion que les animaux, ne s’assimilant pas totalement à l’Homme, ont tout de même une « âme vivante », et leur abattage correspond donc à un meurtre. Dans Penser l’alimentation, Poulain nous rappelle l’analyse de Beardsworth, qui voit trois ambivalences dans l’alimentation des hommes. La première est celle entre le plaisir et le dégoût que peuvent procurer les aliments, la deuxième est celle entre le fait que les aliments sont d’une part source d’énergie, de santé, et de l’autre le fait qu’ils peuvent rendre malade. La troisième ambivalence oppose la nécessité de l’acte alimentaire pour vivre au fait qu’il entraîne la mort des organismes consommés. En nous replaçant dans ce schéma, nous pouvons donc supposer que c’est s’affranchir de cette troisième ambivalence que les végétariens recherchent. Mais dans les faits, la pratique végétarienne et les raisonnements sont à la fois plus complexes et plus ambigus, ils sont bien décrits par Ossipow : en effet, pour les végétariens, en théorie, aucun animal n’est bon à manger, mais tout de même, s’il fallait faire un choix, il se porterait plus volontiers sur des animaux d’élevage. Des catégories sont ainsi élaborées, qui correspondent également au « parcours » que les végétariens suivent lors de leur « conversion » : la classe des mammifères est proscrite en tout premier lieu, le bœuf étant réellement la viande suscitant le plus de dégoût (avec le cheval, mais cela est valable aussi pour les non végétariens). Ensuite vient la classe du gibier, celle des animaux sauvages, qui ne sont pas très bien connus. Les deux dernières classes encore consommées, certains se disent d’ailleurs végétariens alors qu’ils les consomment encore, sont celles de la volaille et celle du poisson et des fruits de mer. :: ::
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